Après une chirurgie anale, les symptômes sont variables.

Cela dépend de l’importance de la chirurgie et de la présence d’inflammation.

Le pansement initial

La douleur durant les premières heures est reliée à la présence d’un pansement dans l’anus. Ce pansement est nécessaire afin de prévenir un saignement au niveau de la plaie.

La préparation à la chirurgie comprend un lavement Fleet le matin de l’opération. Le rectum étant vide, le pansement peut être gardé jusqu’au lendemain matin. Son extraction est facilitée par le fait qu’un onguent antibiotique est injecté dans le rectum à la fin de la chirurgie.

L’extraction du pansement le lendemain de la chirurgie se fait généralement dans le bain de siège. La chaleur du bain permet un relâchement du sphincter et le pansement peut alors être retiré par traction légère sur la partie à l’extérieur de l’anus.

Par la suite, la plupart du temps il n’est pas nécessaire de remettre un pansement. Une exception à cette règle : la fistulotomie anale. Dans ce cas, il faudra aller au CLSC pour l’insertion d’un petit pansement, pour une semaine ou deux, jusqu’à la visite de contrôle postopératoire.

Le bain de siège

Bain de siège

Le bain de siège (Sitz bath en anglais) est un petit bocal de plastique qui se pose sur la toilette. On le remplit d’eau du robinet, entre tiède et chaude et on s’assoit dans l’eau. Cet instrument soulage rapidement la plupart des douleurs anales, que ce soit la douleur postopératoire, la douleur causée par à une fissure, ou toute autre douleur anale.

Malgré les recommandations du fabricant, il ne faut PAS séjourner pour de longues périodes. Généralement il suffit de 5 à 7 minutes pour obtenir l’effet désiré.

Grand bain ou bain de siège? Nul doute que le grand bain est beaucoup moins efficace pour relâcher le sphincter et soulager la douleur.

La douleur durant les premiers deux à trois jours postopératoire est exacerbée par le passage de la selle. Il est donc conseillé de faire les premières selles dans l’eau chaude du bain de siège. Par la suite, on remplace l’eau et un deuxième bain de siège maintiendra le confort.

Le savon désinfectant

Il est important de maintenir la plaie propre dans la période de guérison. À cet effet, un savon désinfectant (Dexidin 4%), l’utilisation du bain de siège ou d’une pomme de douche pour nettoyer la plaie et au besoin, de lingettes humides après la défécation contribuera à maintenir la plaie propre et à protéger contre l’infection.

Les crèmes antibactériennes

L’utilisation d’un onguent antibactérien est utile pour prévenir l’infection tout en facilitant les soins de la plaie, surtout si un pansement est requis pendant un certain temps. C’est d’ailleurs un onguent antibactérien que le chirurgien insère dans le rectum après la chirurgie.

Les anti-inflammatoires

L’inflammation suite à une chirurgie anale est causée par la manipulation des tissus, par l’hémostase des vaisseaux et par les sutures. En présence d’une infection sous-jacente (abcès péri anal) l’inflammation est plus grande. La réaction inflammatoire est une composante de la douleur. Il est donc souhaitable de donner des anti-inflammatoires en postopératoire. Cela permet de potentialiser l’effet des analgésiques.

Le médicament le plus souvent utilisé est le Naproxen. Le format à 375 mg est maintenant en vente libre au Canada.

Si vous souffrez de problèmes d’estomac, vous devrez prendre un médicament qui bloque la sécrétion d’acide par l’estomac. Certains sont en vente libre (Ranitidine), d’autres sont sous prescription comme le Pantoprazole.

Les analgésiques

Les anti-inflammatoires ne suffisent pas à calmer la douleur durant les premiers jours. On doit donc les combiner à des analgésiques courants comme l’acétaminophen (Tylenol) ou l’ibuprophen (Advil). Si la chirurgie est plus importante ou en présence d’une plus grande inflammation, le chirurgien pourra ajouter un opiacé durant les premiers jours. Le principal inconvénient des opiacés demeure la constipation, laquelle n’est pas souhaitable pour des raisons évidentes en postopératoire de chirurgie anale.

Les antibiotiques

Compte tenu de la localisation de l’intervention, l’ajout d’un antibiotique est postopératoire est de règle. Le Metronidazole est le plus souvent utilisé. S’il n’est pas toléré, on pourra choisir un autre antibiotique. Si la chirurgie ne touche que la muqueuse rectale, l’antibiotique peut être omis.

La prévention de la constipation

On peut utiliser le docusate sodique (Colace) pour prévenir la constipation, surtout si des opiacés sont requis. La posologie habituelle varie de 2 à 4 capsules par jour. Consultez votre pharmacien.

L’huile minérale permet aussi une lubrification de la selle. Toutefois on ne doit pas l’utiliser durant de longues périodes, car elle bloque l’absorption de certaines vitamines. Généralement l’utilisation pendant une dizaine de jours est suffisante.

Les anesthésiques topiques

La crème à base de Xylocaïne 5% peut soulager la douleur locale, lorsque les autres méthodes ne suffisent pas. Elle est rarement nécessaire. La combinaison du bain de siège, des anti-inflammatoires et des analgésiques courants suffit habituellement à soulager le patient.

La durée de la convalescence

La durée varie selon l’importance de la plaie et les conditions locales. La douleur diminue rapidement après le cinquième jour. Par contre la plaie peut prendre de 3 à 5 semaines à guérir. Il faudra donc continuer les soins de plaie tant que la guérison n’est pas complète.

En résumé:

Soins locaux

  • prendre de fréquents bains de siège
  • utiliser le bain de siège pour la défécation
  • utiliser la douche téléphone dans le grand bain
  • au besoin, nettoyer la plaie avec du savon Hibitane
  • assécher avec un séchoir à cheveux
  • au besoin, utiliser la pommade analgésique

Médication

  • prendre la médication de base régulièrement
    • Tylénol, Advil ou Naprosyn
  • boire beaucoup d’eau

Éviter pour une semaine

  • les aliments qui constipent (riz, bananes)
  • la marche prolongée
  • la bicyclette

Aviser si

  • hémorragie
  • fièvre > 38.5 °C
  • douleur croissante